@Quiberon

Quiberon et "environnement" maritime...

Arriverons-nous à préserver nos richesses maritimes ?
samedi 4 juillet 2009 par Patrick LUCO

Le Préfet maritime de Brest, en sa sagesse, après avoir murement réfléchi aux conséquences pour la Défense nationale, de la mise en exploitation des sables fossiles du gisement sous-marin de Gâvres à Quiberon par des multinationales spécialisées, a fait connaitre les inconvénients qu’il y avait pour les extraire.

La connaissance de ce projet et la mise en oeuvre du permis de recherches correspondant avait déclenché une succession de levées de boucliers.

Aussitôt, devant l’ampleur des protestations, les responsables politiques ont sauté sur l’occasion pour faire savoir qu’ils désapprouvaient l’opération au grand dam des promoteurs du projet ! S’il n’y avait pas eu une circulation des informations et des idées grâce à l’internet, le sable serait déjà mis en exploitation !... Pourquoi, n’ont-ils donc pas pris ex abrupto cette décision en tant que "politiques" dès le départ, il y a plusieurs années ? Pourquoi donc n’ont -ils pas pris le parti d’empêcher ce projet dès son lancement ? Pourquoi donc a-t-il fallu battre et rebattre la campagne pour arrêter cette ineptie ? Pour moi, un "politique" est celui qui gère bien et honnêtement la Cité selon l’idéal de Platon. Un politique doit savoir anticiper. Le "politique" est celui qui prend la "bonne" décision au nom des citoyens ! Cela m’amuse de voir que c’est grâce à l’intervention d’un digne représentant de la marine de l’Etat qui prend les devants à l’heure du "Grenelle" sur l’Environnement ! Une fois de plus, la Marine nationale est précurseur dans un domaine sensible : Normal, çà a toujours été ainsi ! C’est cela l’Art du commandement...

L’Amiral, a exposé qu’il y avait un certain risque à exploiter une zone dans laquelle gisaient de vieilles munitions ou projectiles plus ou moins expérimentaux qui pourraient encore présenter des risques après un séjour prolongé dans l’eau de l’océan. L’argument est important, mais moins cependant que l’autre relatif à l’entrainement de nos forces maritimes en ces temps de concurrence pour le partage des espaces maritimes.

Il ne faut pas perdre de vue l’importance majeure pour notre Défense passée, présente, et à venir, de l’existence du polygone de Gâvres. Lieu où d’abord la "Commission de Gâvres" devenue "GERBAM" expérimentait et mettait au point les matériels d’artillerie pour la Marine. Cet organisme de l’Etat a contribué aux succès de nos Armes depuis plus d’un siècle. Pas très loin, un autre organisme tout aussi discret quoique bruyant à l’occasion, et tout aussi efficient, œuvrait plus discrètement à Saint-Pierre en Quiberon pour expérimenter d’autres matériels tous aussi nécessaires, n’en déplaise aux pacifistes de tout poil !. Il s’agissait de la commission d’expérimentations de la DTAT de Bourges.

Maintenant, c’est aussi et surtout une zone où les avions de l’Aéronautique navale comme les Super-Etendard ou encore les RAFALE s’entrainent avant d’embarquer pour effectuer des missions là où notre pays en a besoin pour protéger ses nationaux et ses intérêts.

C’est vrai que parfois nos avions font un peu de bruit ! Cependant il ne faut pas oublier que c’est aussi le bruit de notre liberté ! Et cette dernière vaut bien qu’il faille supporter quelques inconvénients ! Personnellement en tant qu’ancien "pingouin" de la chasse embarquée, dès que j’entends le doux bruit de l’ATAR 8K50 ou du M88, je regarde avec plaisir les piqués et les ressources de mes anciens camarades qui s’entrainent à l’appui au sol. Je sais que ma liberté est entre leur mains expertes qui manient avec délicatesse et brio le manche de leur chasseur... Si nos pilotes ne peuvent plus s’entrainer au Titan, et qu’en plus, ils ne peuvent plus s’entrainer ici ou là, alors que nous resterait-il ? Des arcs et des flèches ?

Pour l’instant, ce problème est réglé, mais attention quand même, si l’Amiral l’a fait jeter par dessus-bord, il pourrait bien réapparaitre en surface un jour ou l’autre dans les remous du sillage... Il suffit de retenir la réaction du porte-parole de l’entreprise en cause !.

C’est la deuxième fois que cette zone est sauvée par la Marine nationale : déjà en 1973 il était question de construire sur ces massifs dunaires une gigantesque marina qui aurait fait passer les ensembles immobiliers de la Grande-Motte pour des maisons de poupée...

Il reste maintenant un tout autre problème encore plus insidieux : c’est le "dévasage" des ports de plaisance de la Baie de Quiberon, avec le "clapage" correspondant des vases en plein milieu de la Baie.

C’est un problème majeur à plusieurs facettes. Ce "rétablissement" des profondeurs est absolument nécessaire. Cependant, on n’en a pas mesuré les conséquences. La précipitation avec laquelle les "responsables" se sont empressés de l’expédier rend encore plus suspecte cette opération. Le problème est loin d’être clos ! Dommage que nous n’ayons pas là encore un amiral pour prendre les bonnes décisions !

En début d’année, conformément au plan de dévasage préparé pour dévaser les ports de plaisance de la Baie de Quiberon : Port Haliguen, le Croisty, la Trinité sur mer. Une extraction massive des vases a été partiellement effectuée l’hiver dernier dans le port de la Trinité sur mer, à l’endroit précis de l’ancienne vasière de la ria. Le but était de rétablir les profondeurs dans la vasière qui préexistait là depuis des siècles.... Ces vases extraites par milliers de tonnes ont été larguées par économie par un chaland en plein dans une zone intéressante au point de vue hydrographie...

Les vases qui descendaient vers le fond s’étalent pour former, pour les parties lourdes, une sorte de tas au fond, recouvrant ainsi tout un biotope. Pour les parties plus légères, les boues ainsi diluées étaient emportées par les courants, et redistribuées un peu partout aux alentours au gré de la marée.

C’est ainsi, qu’à Quiberon, cet hiver, il ne fallait pas ramasser de coquillages à Conguel, car une fine pellicule de vase recouvrait les rochers lorsque le vent d’Est soufflait. Cela ne s’était jamais vu auparavant.

Que dire alors de la dilution de bactéries, des virus et des boues fines qui circulent au gré des flots ? Est-ce pour cela que l’on a observé une diminution des populations des morgads en fin de printemps ? Est-ce pour cela, que les morgads ont été rares à pondre dans la baie ? Et que dire de la mortalité des naissains d’huitres et des huîtres ?

J’avais précédemment dans ces lignes exprimé mes réserves sur les lieux de clapage consécutif à l’opération de dévasage ainsi pratiquée. Je répète qu’il est effectivement nécessaire de rétablir ces profondeurs pour une exploitation optimale des profondeurs et des chenaux d’accès. Cependant, je conteste le choix du lieu de clapage pour les vases extraites. Ces vases devraient être embarquées sur une grosse marie-salope, pour être larguée en haute mer par grosses cargaisons par exemple dans l’estuaire fossile de la paléovallée de la rivière Morbihan à proximité des Birvideaux. Un choix de grosse marie-salope capable d’un tonnage équivalent à plusieurs petites maries-salopes réduirait la fréquence des rotations pour une nuisance minimisée...

Il est très regrettable que les promoteurs de ces projets ne tiennent aucun compte des avis des uns ou des autres. S’ils le font enfin, c’est parce que des torrents de critiques et d’objections sont déversés sur ce qu’ils auraient souhaiter masquer. C’est fini le temps ou le Français ne pouvait s’exprimer individuellement. A l’heure de l’internet, il serait temps qu’ils comprennent qu’il existe aussi des points de vue qui ne correspondent pas forcément à la doxa qu’ils souhaiteraient imposer à partir du fond de leurs cabinets !. Et ce n’est pas en faisant de l’HADOPLICITé qu’ils changeront quelque chose...


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