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Quiberon et développement durable... (2)

Le « mirage » de l’éolien…
samedi 12 décembre 2009 par Patrick LUCO

En ce bel automne 2009, où nous accueillons des perturbations nées du côté de Terre-Neuve, là-bas sur les côtes de la lointaine Amérique et aussi des anti-cyclones gonflés de froid du côté de la Karélie ou encore de la Sibérie…

Tempêtes plus ou moins puissantes qui agitent l’océan. Tempêtes sources d’inquiétudes pour le marin de quart ; sources de spectacles renouvelés sur la côte pour le promeneur... Temps très doux et humide du climat océanique…
Anti-cyclones s’installant parfois pendant des semaines et établissant des beaux temps très calmes, et très froids accompagnés d’une atmosphère si tranquille que la fumée des cheminées monte droit au ciel jusqu’à ce qu’elle s’étale à la rencontre d’une couche d’inversion…

Depuis plusieurs semaines, les « média » nous rebattent les oreilles avec le « réchauffement climatique » et la « sauvegarde de la planète »… L’avenir parait maintenant bien noir ! Disent-ils !... Miserere nobis !…

Depuis plusieurs années aussi, nous entendons dire que les énergies renouvelables vont « sauver la planète » de son étouffement par le gaz carbonique, et que si nous ne faisons rien, nous serions cuits à petit feu par l’effet de serre…
C’est devenu d’ailleurs une source inépuisable de remarques autour de la machine à café ou de la photocopieuse… La consommation d’anxiolytiques n’a d’ailleurs jamais été aussi élevée que depuis que les écolos ont déballé le sujet…
Ce qui n’empêche pas néanmoins de prendre la voiture pour faire 100 m ou d’utiliser l’avion pour transporter des cerises d’Argentine vers Paris au moment de Noël ! Ni non plus l’écolo en chef des médias qui n’a jamais autant circulé en hélicoptère qu’à raison de 800kg de kérosène à l’heure…

Une conférence internationale se déroule en ce moment même sur le sujet du climat. Des gens très doctes se sont emparés du sujet, et vont très certainement prendre des décisions qui auront des conséquences sur notre vie quotidienne. La propagande correspondante va bon train. Et il n’est pas question de contester la doxa, sinon gare ! Aller à l’encontre des éléments, quelle folie !..

Certains prétendent que ce sont les gaz issus de l’activité humaine et de la digestion des vaches qui sont la cause de ce « réchauffement climatique ». D’autres prétendent que nous sommes dans un cycle naturel que Milankovitch avait déjà décrit il y a bien longtemps. Je ne rentrerai pas dans cette discussion faute d’éléments objectifs d’appréciation. Je me rappelle cependant qu’au début des années 1970, les mêmes prétendaient que l’on s’acheminait sûrement vers une période glaciaire. Et un hiver généralisé… Style, hiver nucléaire !.. A l’époque, il y avait même eu un numéro spécial du « Courrier de l’UNESCO » qui avait été consacré à ce thème. Des « vues d’artiste » catastrophiques montraient même des contemporains chassant le mammouth dans nos contrées glacées.
Comme les temps changent !…
Je me contenterai cependant de réfléchir sur ce diagramme, (montée de la mer) et aussi sur celui-ci… (cycles de transgression). Sur notre presqu’ile il y a des témoins sous forme de plages soulevées : par exemple à Portivy... Ou à Conguel...

Mon propos se bornera simplement à une réflexion sur l’énergie du vent, et sur les conséquences pour notre microcosme du Pays d’Auray.

Quand on circule à travers la France, on se retrouve vite face à des paysages dans lesquels des gigantesques éoliennes sont implantées par fermes de six en général. Quand je passe à côté, je ne peux m’empêcher de me demander ce que donneraient de telles installations sur notre presqu’île ou dans ses atterrages immédiats.

Puis en généralisant, outre l’impact sur le paysage, j’en arrive même à m’interroger sur l’utilité de tels engins dans un pays qui exporte 13% à 17% de son électricité d’origine nucléaire. Et qui par conséquent ne génère pas de « gaz à effet de serre » !

Récemment une émission de télévision fort suivie le vendredi, s’est faite le promoteur de telles installations en prenant l’exemple d’une île heureuse du Danemark, où les habitants vivaient joyeusement grâce à ces éoliennes. Je me suis demandé aussi quel était le type de turbo réacteur qui entraînait les génératrices électriques associées à ces moulins à vent d’un nouveau genre. En effet, quand il n’y a pas de vent, il faut quand même du courant électrique, et par conséquent il faut un moyen annexe (diesel, turbine à gaz ou centrale à charbon…)

Il y a quelques années, j’avais eu l’occasion de lire un document adressé à la mairie de Quiberon dans lequel il était fait état d’un projet d’installation d’une éolienne de 160m de hauteur sur un haut fond devant Port Maria. Située à environ deux nautiques de Beg er Lan et Belle-Île, cette éolienne aurait été visible de partout. Ce n’était que la première d’un projet d’éoliennes qui auraient été installées, autour de Quiberon. De la Pointe des Chats à Groix, en passant par le plateau des Birvideaux, Port Maria, les Beniguets, le Plateau de l’Artimon. Sans compter d’autres installations encore plus audacieuses.

Un paysage majeur de la côte française aurait alors été saccagé à tout jamais par de telles installations. En somme, faut-il sacrifier le paysage source de revenus du tourisme pour privilégier l’installation de fermes éoliennes en mer ?

Quand on suit la route de Nantes, on rencontre des fermes d’éoliennes. Notamment à Muzillac. L’impact dans le paysage est évident. Que dire alors de l’impact sur le paysage d’un pays touristique comme Quiberon ? Que dire aussi de l’impact environnemental de telles installations ? Que dire aussi de l’impact sur le milieu maritime, sur le tourisme, sur l’économie maritime en général ?

Pourquoi donc installer des éoliennes en mer ? Certes, on peut considérer que l’écoulement du vent est laminaire sur l’eau, bien plus que sur un relief où l’écoulement est turbulent au voisinage du sol… Parce qu’aussi les capacités sont plus élevées que sur terre, qu’il y a de l’espace, que les vents sont plus réguliers et que la France dispose de larges façades maritimes bien ventées.

Les promoteurs de ces installations prétendent aussi que la météo se prévoit : une éolienne de ce type peut –parait-il- fournir de l’électricité à 90% de son temps de fonctionnement. Même à puissance partiellement développée, « l’équivalent pleine puissance » atteindrait des niveaux de 30 à 40%.
Là aussi je m’interroge sur de telle assertions ! En effet, une modélisation pour prévoir la force du vent dans le temps, nécessiterait des algorithmes complexes qui ne sont pas encore écrits, et s’ils l’étaient, il n’existe pas d’ordinateurs suffisamment puissants pour les exploiter dans des délais compatibles avec la sécurité du réseau. Faire de la prédiction à coup sûr avec la météo, c’est une pantalonnade ! Là-dessus aussi, on nous raconte des rases !

Certains prétendent aussi que ces éoliennes seraient intéressantes pour fournir le courant nécessaire à « effacer », certaines pointes de demande en hiver : que se passerait-il alors en cas de défaillance d’une éolienne : Il y aurait délestage massif par effet de cascade…

Et s’il n’y a pas de vent ? On mettrait en route des turbines à gaz…. Et les gens d’EDF/RTE, ils s’y prendraient comment pour prévoir et gérer leur distribution ? Comment fait-on dans ce cas lorsqu’on est confronté à un modèle prédictif quasi-linéarisé (centrale nucléaire) associé à des récepteurs d’énergie dont on peut prévoir grosso-modo la consommation et auquel se superpose un modèle aléatoire improbable liés aux vents ?

Et cela, c’est quand il y a du vent…. Quand il n’y a pas de vent, il faut compenser ce manque de fourniture d’énergie d’origine éolienne par des groupes électrogènes : en général des turbines à gaz qui entraînent des alternateurs. Ces turbines à gaz sont en général des réacteurs pour avion modifiés. Et quand on sait qu’un réacteur consomme en moyenne une tonne de carburant à l’heure… On ne peut que s’interroger sur l’impact d’une telle compensation. La taxe "carbone" c’est une belle invention fiscale !

Est-ce raisonnable ?

L’objectif fixé pour 2010 est de produire 21% de notre électricité à partir de l’éolien. Pour cela des mesures incitatives ont été prises pour « forcer » l’installation de fermes éoliennes sur notre territoire.

Une durée de vie d’éolienne est de l’ordre d’une dizaine d’années (on ne connaît pas le MTBF exact de tels équipements (MTBF= « mean time between failures »). On n’en connaît pas non plus le MTTR (Mean time between removal). Ce qui fait que l’on n’en connaît pas non plus le taux de disponibilité, pas plus que le rendement énergétique réel. Ces valeurs sont très soigneusement occultées.
On n’a pas connaissance non plus de l’allure de la « courbe en baignoire » correspondant à la fiabilité des installations… On dit que le temps correspondant au "fond de la baignoire" est de 15 ans au maximum. Cependant, on remarque aussi que ces fermes d’éoliennes sont toutes économiquement et juridiquement séparées entre elles. Ce qui fait qu’en cas de surcoût d’exploitation d’une ferme d’éoliennes, la société exploitante, filiale en général d’une holding de droit étranger et située « offshore » disparaît et laisse au propriétaire du sol (particulier, ou collectivité) le soin du démantèlement (on me dit de l’ordre de 500 000 euros...).

Quant à l’implantation d’une éolienne, c’est un radier de 800 tonnes de béton en moyenne pour fixer le mat au sol, et si c’est en mer, c’est de l’ordre de 3000 à 4000 tonnes de béton selon la nature du fond. Une fois l’éolienne enlevée, on se retrouve avec une masse de béton enfouie… Qui rappelle les blockhaus de l’organisation Todt..

Pour évacuer l’énergie produite il faut des câbles électriques qui, enterrés si c’est à terre, neutralisent tout aménagement autour d’eux,. Si c’est en mer leur présence interdisent toute pêche, voire toute navigation à proximité. Sans compter les contraintes environnementales lors de l’atterrage des câbles..

L’électricité produite par EDF coute 0.027 euro le kW/H. Par décret, EDF est obligée d’acheter à 0.085 euro/kW/H (3 fois plus !), et le kW/H éolien maritime à 0.13 euro : 4.5 fois plus cher !
Ce surcoût nous est imputé sous forme d’une taxe de 5% sur laquelle on paye encore une TVA !... C’est donc un cours forcé ! Nous sommes donc appelés à financer indirectement des sociétés de droit privé via des taxes... Sans compter qu’en cas de démantèlement ultérieur, nous serons aussi amenés à payer le démantèlement d’installations privées dont les commanditaires auront disparus par simple dissolution… Sans oublier dans le décompte les nuisances visuelles et la destruction du paysage.

Je crains que cette écolomanie éolienne ne soit qu’une source de déconvenues.

Et aujourd’hui ?

Un anticyclone s’installe, accompagné d’une « vague de froid ». Nous sommes en décembre. L’hiver arrive. Les jours sont courts : Le chauffage fonctionne, les frigos aussi, ainsi que l’électro-ménager... Les médias auxquels on ne demande rien, commencent à manipuler les lecteurs…
Cà y est, la Bretagne va frôler la coupure de courant généralisée !.. Aussitôt, on nous démontre que la grande dépendance énergétique de la région pourrait bien nous jouer des tours dans les jours à venir... Et que si on est privé de jus, c’est de notre faute !

Le problème est simple : la Bretagne produit très peu d’énergie, et en consomme beaucoup. Seulement 7 % de l’électricité utilisée est produite sur le territoire, principalement par des turbines à combustion, l’usine marémotrice de la Rance et un peu d’énergie éolienne. Contrairement à la Normandie et aux Pays de la Loire, notre région n’a pas de centrale notamment par rejet du nucléaire suite à une belle manipulation des écolos.
Notre électricité vient pour partie de la centrale nucléaire de Flamanville, et surtout de la centrale thermique (charbon et résidus pétroliers) de Cordemais. Le courant électrique circule dans les lignes à très haute tension qui transportent l’électricité de la Loire-Atlantique vers le sud, le centre et l’Ouest de la Bretagne.

Quand la demande devient particulièrement forte, comme en hiver et en conditions anticycloniques, les centrales de production sont à leur maximum de capacité car la consommation est très élevée. On est à la limite de la rupture et donc de la coupure générale d’électricité.
L’an dernier, « RTE « (Réseau et Transport d’Electricité) était passé en alerte rouge, demandant aux clients de la liste du « réseau Ecowatt » de diminuer leur consommation, et demandant aux autres usagers par médias interposés de n’utiliser l’électricité qu’à bon escient… Il faut dire aussi que dans plusieurs régions de France, la neige avait détérioré les réseaux de distribution. Plusieurs semaines de travail difficile avaient été nécessaires aux gens de l’EDF pour remettre tout en ordre. Démontrant ainsi l’efficacité du Service public.

Les pics de consommation surviennent le soir (la deuxième bosse de la courbe en dos de chameau), et plus particulièrement pendant toute la période de froid maximum, entre 8h et 12h, et 18h et 20h. Lors de ces pics, il faut réduire au maximum la consommation pour éviter les coupures de courants "ciblées" sur la Bretagne… En général, quand il fait froid, c’est qu’on est en conditions anticycloniques, et que donc il n’y a pas de vent. Par conséquent les éoliennes ne tournent pas !... Il faut donc une autre source de courant électrique…

Le problème ne va pas aller en s’arrangeant au fil des années. La Bretagne est en pleine expansion démographique. Tout le monde veut venir s’établir ici…
La Bretagne est aussi une nation dynamique sur le plan économique. Le corollaire est un accroissement des besoins en électricité.

Il est donc nécessaire d’agir dans deux directions. D’un côté faire des économies d’énergie en faisant la chasse aux « épaves thermiques », et de l’autre promouvoir une production locale d’énergie. Mais là est le problème : faut-il saccager le paysage avec des dizaines de milliers d’éoliennes à la production aléatoire ? Ou faut-il un bon réacteur nucléaire ?

Je suis persuadé que cette dernière solution est la meilleure…


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