@Quiberon

A Quiberon : Petite idée d’urbanisme : une coulée verte au Stango

Faire revivre Port Haliguen
mardi 6 avril 2010 par Ardranker, Patrick LUCO

Il y a quelques jours, je suis passé à la mairie de Quiberon, pour un obscur problème cadastral. En discutant avec les responsables du cadastre et plus tard, avec un de nos plus éminents adjoints, j’ai appris qu’un vieux serpent de mer était de retour : la construction de la route de Saint Julien-Le Stango-Port Haliguen.

Hier, au début des années 1970, Gilbert Carbillet regnante, le conseil municipal de l’époque avait eu l’idée de réaliser un accès direct aux ports de Port Haliguen par Kermorvan et Saint Julien depuis le giratoire du passage à niveau.
Le but était de désengorger le centre et la rue de Port Haliguen et de faciliter l’accès à des véhicules tractant des bateaux.

La voie projetée devait, entre autres, traverser l’actuel lotissement du Brlelleuc, la rue de "Bellevue" (pourquoi pas Buena Vista !...) et déboucher carrefour du Stango via le terrain du 119 rue de Port Haliguen et la rue Surcouf. Etant à l’époque riverain, je ne pouvais que m’intéresser à ce projet.

Les équipes en place de jusqu’en 1989 ont peu à peu acquis les emprises nécessaires à la mise en place du projet, avec tout l’esprit de négociation et de consensus qui les caractérisait : achat progressif de terrains (dont celui du 119 rue de Port Haliguen), élargissement de la rue de Bellevue, etc.

Mais en 1989, les choses ont changé. L’équipe entrante, durant sa première année de mandat, a multiplié les projets urbains plus ou moins avortés comme l’extension du Port Haliguen ou la construction d’un complexe de loisirs autour du casino.
C’est aussi à ce moment que des emprises foncières importantes ont été concédées, peut être un peu trop hâtivement ou abusivement, l’exemple le plus criant étant le camping du Conguel au groupe Fravallo.
Parallèlement, une autorisation de lotissement a été donnée pour les terrains du Brielleuc, ce qui a permis la réalisation d’un ensemble finalement assez réussi tout en escamotant parait-il des propriétés !

Mais quid de ce projet de route, rendue impossible par la construction du Brielleuc, tout du moins dans sa première mouture ? Les terrains acquis par la commune ont été conservés même si je pense que, dans le fond, personne à la mairie ne savait vraiment dans quel but...

J’ai donc appris récemment qu’à la faveur de la disparition récente d’une de mes anciennes voisines, la mairie se proposait d’acquérir sa maison, située rue Surcouf. Ce qui lui permettrait (voir plan), de détenir une emprise allant de la rue Surcouf au carrefour du Stango. Mon éminent interlocuteur m’annonçait alors son intention de proposer la réalisation d’un tronçon de ce projet de route élaboré il y a plus de trente ans, sur le tronçon rue Surcouf/carrefour du Stango (POS de 1972 !).

Etant riverain, j’en ai pris bonne note. Mais j’avoue me demander à quoi servirait vraiment une telle route. Bien entendu, cela me permettrait d’entrer plus facilement dans mon jardin mais je doute que la mairie en soit à un tel degré de sollicitude à mon égard !

J’en suis arrivé à la conclusion que la réalisation de ce tronçon de route ne servirait à rien ou presque. La rue Vauban n’est pas une artère passante et le carrefour du Stango est déjà bien assez engorgé comme ça. Finalement, cela ne servirait qu’à urbaniser encore davantage un quartier qui n’a vraiment plus besoin de béton. Il y a eu assez de bétises de faites comme cela à Port Haliguen !.

Une idée m’est venue : pourquoi, à l’heure du développement durable et de l’écologie institutionnalisée, la commune de Quiberon, fidèle à sa devise, ne se situerait pas « au milieu du vent » (*) ?

La ville possède un certains nombre de terrains dans le quartier du Stango : le 119 rue de Port Haliguen, actuellement laissé à l’état de prairie mais également un immense terrain, situé au carrefour de l’étang rue Vauban (cf. plan) et qui actuellement sert de surface de stockage pour des appareils d’entretien (**). Ledit stockage n’est pas très densifié ce qui est dommage car une superficie importante est laissée de fait dans un quasi abandon.

Alors pourquoi ne pas aménager ces différentes emprises foncières en parcs municipaux ? Cela ferait un peu de verdure dans un quartier ou il n’y a aucun aménagement de ce type ou presque.

Le dernier parc municipal crée à Quiberon a été ouvert dans les années 1980 avec l’achat à la hussarde des jardins le Dantec (***). Ce parc le Dantec est à ce jour l’unique représentant de sa catégorie sur la commune, ce qui est dommage.
Une ville de 5 000 habitants, "conçue" pour en abriter 60 000 avec un seul parc municipal, c’est rare il faut l’avouer !

D’ailleurs, avec un brin de fiel, je ne puis m’empêcher de faire remarquer que, outre la piscine de Beg Er Vil (5 000 m² bétonnés par ailleurs), la seule réalisation urbanistique d’envergure développée par l’actuelle équipe municipale a été un superbe parking au profit de Belle Ile, certes fort utile mais qui aura tout de même nécessité le bétonnage de quatre ou cinq hectares de landes autour du Sémaphore de Saint Julien. Il serait peut être temps de passer du gris béton au vert ! Et surtout de commencer à faire un petit peu preuve d’imagination et d’esprit d’entreprise.

Une « coulée verte » pourrait donc être réalisée au Stango (en rouge sur la carte) dans le prolongement de la zone non construite qu’est l’aérodrome. L’existence d’au moins trois terrains éloignés les uns des autres permettrait, de plus, de pouvoir varier les thématiques : une roseraie, un jardin italien ou un jardin anglais. Outre les possibilités de promenade pour les « ainés » ou de terrain de jeux pour les plus jeunes, cela pourrait également constituer une sorte vitrine ou pourraient être exposées des œuvres de plasticiens locaux.

Bien loin du macadam et du béton auxquels ces terrains du Stango semblent actuellement dévolus.

Kenavo !

* cette devise est assez marrante ! En effet, en étant gentil, on la traduit au syndicat d’initiative par "Toujours dans le lit du vent" ! En fait la personne bretonnante de ma connaissance a fait une bonne grosse blague en inventant cette devise : c’est plutôt : "je vais là où le vent me pousse"... Ce n’est pas le vent qui tourne mais plutôt la girouette, disait un célèbre politicien de la IV République.... Pour l’instant le vent pousse à la côte !.

** : Il s’agit du "Toul preuil" ou Toul prieu, ancienne carrière à kaolin dont l’extraction au siècle dernier dans trois carrières séparées mais voisines, servait de liant pour la maçonnerie.
Des 1955, ces carrières ont servi de décharge à ciel ouvert. Sous les remblais, il y a des milliers de tonnes d’ordures et de déchets de toutes sortes qui polluent la nappe phréatique dans ce secteur du Stango .
Il y a deux ans, l’ampleur des exsudats était telle que la municipalité a fait procéder à des travaux de busage pour évacuer les produits de lixiviation des déchets de la carrière.
Qu’y a-t-il dans ces carrières-décharges ? Ca doit être innommable ! D’autant plus qu’à la fin des a des années 1960, il y avait des camions chargés de scories qui venaient là la nuit pour s’en débarrasser au mépris de toutes règles. D’où venaient ces scories ? Que contenaient-elles ?
Selon la législation relative à l’Environnement, ces carrières devaient être sondées pour en avoir le cœur net. Je pense qu’il y a là un problème latent.

*** : Il s’agissait d’un superbe jardin appartenant aux demoiselles Dantec, propriétaires de l’Hôtel de France devenu Mairie de Quiberon.

La dernière de ces éminentes personnes venant tout juste de disparaitre, un promoteur immobilier scrupuleux qui a beaucoup concouru au désastre de la station climatique, n’a pas hésité à installer un bureau de vente dans le jardin pour y proposer à la vente un de ces immeubles particulièrement laids comme on savait en concevoir à l’époque. Des appartements avaient même été vendus alors que la succession n’était même pas commencée !... C’est dire !

La municipalité de l’époque avait alors voté à l’unanimité l’autorisation d’ester, pour que le maire de l’époque M. Jacques Desmas entreprenne une procédure de préemption. Ce qui fait que ce terrain fut "ZIFé" au profit de la collectivité ! A l’époque, beaucoup de Quiberonnais avaient applaudi la mesure qui, avouons-le- dénotait un esprit d’à propos réellement approprié.

Ami promeneur, quand tu passes dans le jardin des "bretinio" (la garenne en breton de Quiberon) , souviens-toi que tu profites librement d’un bien commun que nous n’aurions peut être pas si ce Maire n’avait pas fait preuve d’esprit d’entreprise et passé outre des menaces de poursuite !


forum

Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 1444 / 195224

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Faits et arguments   ?

Site réalisé avec SPIP 3.0.15 + AHUNTSIC

Creative Commons License