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Ulysse nous écrit...

Quiberon : "Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage..." (2)

Etats d’âme d’un expatrié Quiberonnais...
lundi 25 mars 2013 par Ulysse

HK 2013/03/17
Comme promis, et avec avec beaucoup de retard, je viens vous relater la deuxième partie de ma randonnée quiberonnaise..

La pointe de Conguel, toujours aussi fréquentée par les promeneurs, était en chantier.

A juste titre, le Conservatoire du littoral invite les randonneurs adeptes de la marche nordique à mettre des embouts à leurs bâtons pour préserver la nature. Ce jour-là, j’ai relevé plusieurs vastes ornières creusées très certainement par des engins de travaux publics venus livrer des ganivelles neuves et leurs poteaux entassés pêle-mêle sur la falaise. Le conservatoire ne possède-t-il pas des moyens moins agressifs pour intervenir dans un milieu hypersensible ( la brouette par exemple !). Soit ! Le mal étant fait, ne pouvait-il pas prévoir 2 ou 3 m3 de caillasses et de terre pour boucher une tranchée très profonde sur le chemin de randonnée ? (côté baie avant la table d’orientation). Ce piège existait déjà il y a 16 mois et il n’a fait que s’agrandir et se creuser. Il est certes signalé par des rubans jaunes et rouges en plastique. Qui sera "responsable" en cas d’accident : le conservatoire ou la mairie ? L’ingénieur de la mairie et les responsables du Conservatoire ne peuvent-ils pas travailler de conserve ?
Tenez ? Sommes-nous encore chez nous à Conguel ? (A propos j’ai vu que maintenant, on disait : "Au Conguel" ! selon la mode qui consiste à rebaptiser les lieux pour en déposséder leurs occupants.
Les fours à goëmon que Jean-Louis Baranger avait mis en valeur dans les années 80 sont à nouveau oubliés. La protection d’un lieu n’impose-t-elle pas à l’organisme en charge d’instruire et de transmettre ?. Qui connait le « boutomé » encore appelé vent des pauvres (soufflant du NW) qui ramenait le cornail à la côte et que les Quiberonnaises ramassaient pour en tirer de la soude et de l’iode.

L’anse de Port-Frégate ( le petit mur pour les non-initiés ) où l’on retrouva au matin du 13/02/1957 le petit caboteur RECOUVRANCE quille en l’air vide de ses 7 hommes d’équipage tous portés disparus est maintenant difficilement accessible aux personnes âgées, aux handicapés et aux poussettes. En effet, un fil de fer tendu à 25 cm de hauteur oblige à descendre sur les plages par une rampe unique, non entretenue se terminant par une marche de 40cm : un véritable casse-gueule ! . Que se passera-t-il en cas d’accident ? Comment se fait-il que personne ne soit au courant ? Par caricature, Je m’inscris ici dans un cadre où tout le monde est responsable de tout sans l’être de rien, le tout dans l’esprit sécuritaire forcené qui marque notre époque inquiète ! Tout cela selon l’état d’esprit qui règne maintenant par chez vous(nous), tout simplement !.

Le plus gros problème de la pointe de Congueldemeure le travail de sape de la mer..La mer monte ! C’est un fait généralement admis. Et puis il y a des tempêtes...
Côté ouest les ganivelles sont sur le point de tomber sur la plage, les oyats (ou autres) ont leurs racines apparentes ! N’est-il pas temps de consolider la dune des 2 côtés ? N’y-a-t-il pas de chantiers d’insertion sur la presqu’ile comme parait-il à Carnac ou à Plouharnel ?

Me voilà arrivé à Toul Bihan à marée basse, j’aime rester de très longues minutes admirer le paysage : les courants du premier flot, les pêcheurs, les bateaux en dérive, les oiseaux... Pour moi, c’est déjà la chaussée des Esclassiers avec au bout les trois perles que sont Houat, l’Ile aux chevaux et Hoêdic. La Teignouse vue de loin est encore belle. Que diraient les touristes s’ils en voyaient l’état de l’intérieur ? Comme on dit ici : propre dessus, sale dessous !

Côté baie, l’ancienne table d’orientation (reproduction fidèle d’une carte marine) a disparu depuis longtemps . Elle avait beaucoup souffert des plombs de chasse et des lance-pierres mais j’ai la conviction qu’elle trône dans un jardin, rien ne se perd !

Lors de mon séjour,j’ai été stupéfait d’apprendre que la pêche à pied était réglementée dans la baie. Des lignes fictives autorisaient ou interdisaient une pratique ancestrale. Ces lignes, telles des murs délimitaient des zones polluées et des zones non polluées. Les Affaires Maritimes auraient-elles réinventé la ligne Maginot sans le savoir ?. Qu’ont donc fait les Maires des deux communes ? Savent-ils que la pêche récréative attire de nombreux touristes et que ça ne coûte rien aux municipalités ? A force d’édicter de tels oukases, ils vont faire fuir les familles. En tous les cas, lors d’un plus long séjour, j’aimerais faire la connaissance de JYLP dit jeanzycan. Je parie qu’il m’invitera à déguster quelques douzaines de plates et de pétoncles noirs avec ensuite un bon ragoût de berniques agrémenté par les patates et les carottes du champ de sa Mémée. Je ne doute pas qu’à l’occasion il me fera connaître son voisin romancier.

Après cette digression fort agréable, revenons à la pollution : Je crois comprendre que l’hiver fut particulièrement pluvieux. Pour éviter les inondations, je pense que le barrage d’Arzal a dû effectuer de nombreuses chasses chargées de nitrate et de vases. Ces dernières ne seraient-elles pas plus polluantes que les vases de la Trinité/mer ? Comment expliquer que Damgan, Pénerf, Kervoyal et le Golfe s’envasent si rapidement ? Est-il vrai qu’un canal parallèle à la Vilaine est à l’étude ? Autant de questions. que devraient se poser les différentes associations écologiques si elles se préoccupaient du réel et donc d’écologie !

Je vous convie maintenant à Port-Maria
1/ Un peu d’histoire
Jusque dans les années 80, Port-Maria a été le poumon économique de Quiberon. Durant plusieurs décennies ce fut un véritable melting-pot breton où cohabitaient les pêcheurs quiberonnais (peu nombreux, il est vrai, car nos marins préféraient le Long cours, la Royale ou le Cabotage), Houatais, Belle-ilois, Hoëdicais, Gavrais et les Ch’tous moins connus ici sous le nom de Douarnenistes ou de Guilvinistes. Tous étaient embarqués sur des sardiniers ou des caseyeurs. Les conserveries employaient des Quiberonnaises et des épouses de Ch’tous mais aussi de nombreuses « bobos » venant de Belz, St-Cado, Ploëmel, Plouharnel, Crach etc..De la « Grande’Terre ! ».

De nombreux mariages furent contractés et nous eûmes une nouvelle génération de Quiberonnais aux accents bizarres mais tous rapidement intégrés. L’incertitude de la pêche dont dépendait la paie n’en faisait pas des gens riches mais solidaires. Quelle ambiance les jours où la sardine était abondante !

Rue du port de pêche, un terrain fut donné à la paroisse et grâce aux nombreux dons, une chapelle fut construite.
Le roman de Colette Vlérick « La marée du soir » toujours dans mes bagages a fait plusieurs fois le tour du monde. C’est un peu mon talisman et quand rien ne va, quelques chapitres et le moral revient. Ton médoc est efficace ironise ma compagne !
Certes le passéisme, la nostalgie et le droit du sol n’ont jamais préparé l’avenir mais tout pays digne de ce nom cultive son histoire passée et ses traditions. Si j’étais né dans une banlieue quelconque je crois qu’il m’aurait manqué quelque chose.
Je suis content d’avoir convaincu trois ami(e)s nomades comme moi mais bien plus jeunes de faire de Quiberon leur point d’ancrage. Ils se sont imprégnés de la riche histoire de la presqu’ile et sont devenus incollables et malheur à qui dira du mal du pays. Mieux que toutes les brochures ils font connaître leur rocher dans le monde entier .Il y aura quatre ans, lors d’un « congrès pouce-pieds de cinq jours à Houat » après les avoir jugés et jaugés je leur ai donné le sésame de la réussite en affaires. La notoriété de nos groupes respectifs rendant assez faciles les transactions et la signature de nouveaux contrats il est utile pour la suite (construction, réparations, maintenance) d’entretenir de bonnes relations avec les ingénieurs, contre-maitres, ouvriers locaux. Pas besoin de backchiches, quelques boîtes de sardines de la Belle-Iloise ou de la Quiberonnaise ouvertes lors de difficiles réunions aplanissent beaucoup de problèmes. Je pensais détenir la plus belle cave à sardines d’Asie mais depuis ma confidence je crois que je serai bientôt dépassé ! C’est la vie !!

2/ Mon regard sur Port-Maria
- De la promenade de la grande plage on arrive sur la place arrangée magnifiquement : sculpture (dorade me semble-t-il):jardinières en pierre,rond-point,très petit parking de 10 places, grandes terrasses : heureux commerçants !
- La gare maritime et ses pyramides est toujours là. La reconstruction ne faisait-elle pas partie des promesses lors d’une campagne électorale (cantonale d’après mes parents ) ? Il est vrai qu’on nous promet tant, et à peu près n’importe quoi !..
- Les gabions-cendriers en moellons et fer à béton ont été recouverts de très larges dalles en granit ou simili-granit:quel goût ! Comment font les voitures pour se garer 5 à 10 minutes ? : Pauvres commerçants !
- Ignorant totalement le problème de la pêche je me dispenserai de tout commentaire.

 Le phare,désarmé depuis 2008 et donc plus visitable, est maintenant habité par les adhérents d’une association ."Viens chez moi j’habite dans un phare !" Il en serait de même pour les quatre maisons de gardiens de phare à Port-Haliguen ! Le rapport de la cour des comptes de 2013 en fait mention je le crois. Qu’en sera-t-il ?

 La maison Leroux n’est plus qu’un dépôt . La municipalité ne pouvait-elle pas tout faire pour la garder ? La réussite est-elle un délit ?

 Le Suroît tiendra-t-il encore longtemps ? Est-il envisageable de concevoir une grande station balnéaire sans boîte de nuit ?

 Le château Turpault est toujours là, solide comme un roc : notre tour Eiffel !

 Rue du port de pêche me voilà devant les restes de la chapelle (évoquée ci-dessus). Je doute que le curé Hippolyte Pissart et l’abbé Carrour auraient été d’accord pour que l’on vende cet édifice de la même façon que la tunique de Jésus fut jouée aux dés par les soldats romains. Pour les non-initiés cette chapelle renfermait des poutres métalliques de l’architecte Jean Prouvé : une vraie fortune ! Qu’ont fait l’Evêché, le conseil de fabrique, la municipalité ?

 Le village de Manémeur, très bien rénové est-il aussi animé que Kermorvan ? Le promoteur a fort heureusement conservé la longère du Capitaine Jean-Marie Lorho et construit dans l’ancien jardin des maisons du même style. Je crois me souvenir que le maitre d’œuvre était Jacques Vermillard, un Quiberonnais amoureux de son pays.

Deux choses m’interpellent : la présence d’un mobilhome en plein village et un hangar transformé à la sortie. Y avait-il un architecte des bâtiments de France dans l’avion ?

Me voilà sur la côte sauvage-

— Le vivier est toujours là et j’ai eu le bonheur de saluer les enfants de Jacques en plein boulot de réouverture.

 A Port-Kerné la station d’épuration a disparu .Les Quiberonnais savent-ils qu’il existe un projet sérieux de transfert du cimetière actuel vers ce site ? Que de turpitudes même après la mort ! Il faut dire que très peu de décideurs actuels resteront sur la presqu’ile à la fin de leur mandat. Ils ne respectent rien ! Même pas les Morts !

 Le village de Kerné est vraiment le Caliméro quiberonnais.Voilà qu’après une longue lutte contre la station d’épuration et ses odeurs, on loupe totalement les ronds-points !
 Le village de Kerniscop se transforme joliment et harmonieusement .Félicitations à l’association qui a remis en état le lavoir sur la côte sauvage. Qu’en est-il de l’ancienne décharge publique ?

 A la sortie du village me voici à Kerboulevin et donc sur la commune de Saint-Pierre. A la réflexion, la continuité des villages étant réelle à l’ouest et côté baie pourquoi ne pas envisager sérieusement une fusion des deux communes ?

 Un petit tour à Portivy toujours aussi beau et me voilà à Kerhostin où je n’ai pas osé m’aventurer en voiture ( il pleuvait ).
 Je me suis perdu dans le centre de Saint-Pierre à cause d’un nouvel itinéraire très compliqué mais j’ai quand même pu voir Port d’Orange. Que la presqu’ile est belle !

 En empruntant la rue Marthe Delpirou j’ai dû négocier plusieurs nids de poule. Sont-ce là, les nouveaux ralentisseurs ?
 A la sortie du Rohu, j’ai pris en pleine face Port-Haliguen II. et là le moral m’est tombé dans les chaussettes. Amis faites tout pour ce port, je vous en supplie.

 Le beau village quiberonnais de Saint-Julien, trop fréquenté par les camions, perd de son charme à chaque fois que je reviens au pays.

CONCLUSION
 Après 45 heures de séjour je suis reparti amer. Je me demande où va mon pays et j’ai peur. Les conversations que j’ai eues ne m’ont pas rassurées, loin de là. J’ai l’impression que chaque jour nous perdons la main et que nous sommes la proie d’officines occultes. Dans le Midi on appelle cela la mafia. Que font nos élus ? Aiment-ils vraiment Quiberon ? J’en doute ! Resteront-ils là jusqu’à la fin de leurs jours ? Je ne le crois pas !

 Malgré tout, mon attachement viscéral me ramènera toujours dans la presqu’ile. A vous de jouer pour convaincre ma compagne et là vous allez avoir du travail !
 Je remercie une nouvelle fois tous les sites de la presqu’ile qui nous informent-nous les expatriés- régulièrement.
 Un grand merci à toi Patrick qui contre vents et marées continue à défendre Quiberon.


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