@Quiberon

Gourinis : retour sur un naufrage...

A Quiberon, Une "Fortune de mer" bien intéressante...
dimanche 6 mai 2007 par Patrick LUCO

A Quiberon.
Pas de chance ! Ce n’est pas un sous-marin....
Ce n’est pas non plus un OVNI... Mais -nous affirme-t-on avec autorité -Ouest-France- une fortune de mer !...

Non seulement c’est hâtif, mais c’est quand même un peu "léger"...

Dès que la mauvaise nouvelle de la perdition de ce ferry -le Gourinis-à Quiberon a été connue, beaucoup de gens sur les quais se sont interrogés...

Toutes sortes de supputations ont été exposées. Puis, Ouest-France, a affirmé avec autorité -alors qu’aucune enquête nautique et analytique n’avait été faite- que c’était une "fortune de mer" !

Mais ? Qu’est-ce donc une fortune de mer ? Habituellement, c’est un évènement lié au hasard, un évènement fortuit... Par exemple, un rocher inconnu dans une zone non hydrographiée. Ou encore, une galaxie de satellites qui se mettent à transmettre des éphémérides erronés... Ou un cachalot qui fait surface...

Le naufrage de "la France" en 1919, pas loin de là était une fortune de mer : Une tête de roche mal positionnée sur la carte locale.... Ou encore l’accident du Hoche, en 1898, pas loin de là non plus : une roche mal positionnée. Les commandants naviguaient sur alignement avec des cartes imprécises. Beautemps-Beaupré étant en train de faire la cartographie de l’endroit, il n’y avait pas de documents précis alors.

Ici , rien de tout cela !

Cet endroit de la côte est parfaitement connu : il est franchement mal pavé ! Comme les rochers n’ont pas bougé pendant la nuit, que s’est-il donc passé ?

Actuellement, selon les errements en vigueur, les bateaux à passagers sont équipés de moyens de navigation plutôt performants, en plus des méthodes et moyens classiques et éprouvés.

En "bonne navigation", le cap, la montre, l’observation, l’identification et le suivi des points remarquables que sont les amers, permettent de faire une navigation très précise.
Dans une zone encombrée de récifs, rien ne remplace un bon pilotage : relèvements des amers et alignements, et veille dehors... Et quand il y a de la brume, on casse sa vitesse et on regarde dehors,... En plus il y a la corne ou la trompe !

En complément, seulement viennent le GPS, le Navstar, le Glonass, le Consol (c’est fini !!), le DECCA, le Rana, Ragep, Sydelis, et autres Omega... Il y a aussi le Toran, les Loran A et B, et sans oublier la radiogoniométrie.... Certains sont obsolètes, certains sont suspendus, d’autres arrêtés.... Il y a encore le RADAR, le SONAR, le sondeur, et les plombs suiffés...
Au large, il y a l’astro avec un bon sextant, et la nuit idem et pas que sur la "tête de veau"...

Ils ont tous leurs avantages et inconvénients ! L’excellente revue "Navigation" de l’Institut Francais de Navigation publie d’ailleurs régulièrement des informations à ce sujet.

Mais, aucun de ces moyens , de ces aides, ne remplacera une bonne observation de ce qui se passe dehors ! En aviation, quand on parle de navigation à vue et on dit : "Voir et être vu"... Cela ? ça vient directement de la navigation à voiles !

Actuellement, tout le monde se dit : "MON GPS" est très précis : 3 mètres dit l’un ! L’autre dit : moi ? C’est 10 mètres... Et quand on place le point ainsi obtenu et "à la main" sur la carte avec le compas et la règle Cras :
- "Mince ! "Mon" point est de l’autre côté du quai, alors que je suis au port à mon ponton !".
- "Ce marchand m’a vendu une saleté chinoise !".
- " Mais, c’est quoi cette diablerie ?"

Si on utilise un GPS, on doit d’abord en connaître les limitations : Une galaxie de satellites GPS tourne autour du géoïde terrestre... Et comme la Planète comporte des anomalies gravitiques, ces satellites tournent autour du barycentre des masses du géoïde... Les éphémérides transmis permettent de donner une position par rapport au centre de ce géoïde...
La carte que l’on a, correspond à un relevé sur la surface observée sur une surface courbe non développable par nature. Et retranscrite, sur un plan : la feuille de papier sur la table à cartes. Ce qui fait que l’on doit corriger les erreurs locales. Si on ne le fait pas, c’est sûr ! on va se payer le quai ! Alors comme le dit l’EPSHOM : on applique la règle du pouce ! On est quelque part autour du point recueilli ! Et ça ? ça correspond à l’écart circulaire probable du moyen !

Mais cela n’empêche pas de regarder dehors, de veiller les autres, et tout ce qu’il y a dehors ! On ne regarde pas la "télé" en passerelle, disaient nos instructeurs.... Dans notre cas c’était le radar !
Et quand il y a brume, ou pire brouillard, on réduit sa vitesse, et on corne : c’est dans le "Règlement pour prévenir les abordages en mer"...

Si ce sont les commerciaux qui poussent à accélérer les rotations coûte que coûte, il faut leur dire d’arrêter leurs conneries... Car lorsqu’on se retrouve devant un problème pareil, on a vraiment beaucoup de mal à se justifier !

Mais que dit le journaleux déjà ? Une fortune de mer ?

Et après cette excentricité du Gourinis ? Qu’est- ce que les AffMars vont bien pouvoir nous pondre encore ? Des clignotants et des feux "stop" au cul des plates ?


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