@Quiberon
Une nouvelle "cible" pour spéculateurs ?...

Quiberon : Les "Pilotins" vont-ils être vendus ?

Une nouvelle victime de l’urbanisme local ?
mercredi 18 août 2010 par Patrick LUCO

Les "Pilotins" sont une ancienne association qui eut son heure de gloire aux temps glorieux du "Patro" animé par des Prêtres et des bénévoles de Quiberon...

Cette association est actuellement connue grâce au dynamisme de son équipe de basket-ball. Autrefois, c’était par le théâtre, par sa société de gymnastique, par le cinéma, le foot-ball, et également par sa fanfare qui animait les fêtes et les pardons.

Pendant la seconde-guerre mondiale, il y eut même une école maritime, où on pouvait passer son brevet de "Patron de pêche" ! C’est dire le dynamisme de cette association !

Ce n’est pas de l’association elle-même qu’il s’agit, mais de la propriété (boulevard Anatole France) sur laquelle est édifié un hangar aménagé il y a longtemps en salle paroissiale et dans lequel des pièces de théâtre étaient jouées devant un vaste public avant que l’arrivée dans les foyers de la télévision ne fasse cesser ces activités conviviales...

Le terrain des "Pilotins", est immense, c’est même un des très rares grands terrains disponibles qui subsistent encore en plein centre de Quiberon.

Ce terrain fait plus de 5000 m². Sa valeur oscillerait entre 1,5 et 2 millions d’euros... Ce qui n’est pas rien !

Il est actuellement la propriété de la "Fabrique" et fait partie du patrimoine privé appartenant à la Paroisse. Il provient essentiellement de legs au travers d’une fondation. Les familles quiberonnaises avaient à l’époque donné de l’argent à la Fabrique : des sommes allant de quelques francs à plusieurs milliers de francs pour acquérir un grand terrain pour permettre la constitution d’équipements de loisirs et de culture dans un but résolument social.

Cet argent avait été recueilli auprès des paroissiens, et des "familles" par le Curé de l’époque : Monsieur le Curé Le Corre.

C’est pour cela que l’on peut dire que c’est un bien appartenant à la collectivité quiberonnaise au travers de la paroisse !

Ce terrain était encore plus vaste jusqu’aux années 1970 avant que la Paroisse n’en cédât une partie à la Commune pour agrandir le terrain des sports.

Au fond , il y avait un abri , occupé par "Joseph de la Cure" qui était un habile jardinier œuvrant dans les jardins quiberonnais -dont celui de mes parents- taillant les haies, greffant les arbres fruitiers, et conseillant en jardinage les uns et les autres...

Parti parmi les premiers pensionnaires de la maison de Retraite, sa maison fut vite squattée par tous les grignous de passage avant qu’elle ne fût démolie.

Pendant quelques années, les "Pilotins" accueillirent un terrain de camping qui était ouvert l’été au profit de jeunes ou de saisonniers aux moyens limités. N’étant plus "aux normes", mal géré et très déficitaire, il fut fermé il y a une vingtaine d’années.

C’était aussi le lieu des kermesses de la paroisse : tir, pêche à la ligne, far , café, et danses bretonnes : c’était plutôt bien fréquenté par les Quiberonnais, qui s’y retrouvant en famille, passaient d’agréables moments.

Aujourd’hui, les Pilotins font l’objet d’approches de promoteurs, vraisemblablement dans le but de réaliser un de ces programmes immobiliers denses et moches qui fleurissent sur la presqu’ile de Quiberon.

Le produit de la vente aboutirait à une association diocésaine et il est vraisemblable que ni la paroisse de Quiberon ni les fidèles ne puissent en profiter.
La question de la gestion de cette somme resterait problématique tout particulièrement si les fidèles, sans doute écœurés par une telle opération, s’avisaient d’utiliser autrement les fonds qui constituent habituellement le denier de Saint Pierre (pas la commune éponyme !).

La paroisse en serait réduite à vivre d’un capital qui s’épuiserait au fil des années et dont les véritables bénéficiaires seraient des banques en mal d’évaporation financière.

Dans l’affaire, le seul qui ferait de (gros) bénéfices est le promoteur qui aurait réalisé son "programme" avec l’argent des aumônes et des dons consentis par des générations de fidèles.

Ces ensembles immobiliers sans envergure, construits à la faveur d’un standard d’urbanisme aussi laxiste que périmé et donc sans envergure contribuent à l’asphyxie de Quiberon et à la désaffection actuelle de la station (ce qui semble n’inquiéter personne).

Ce terrain est actuellement géré par le Conseil de Fabrique, sous la présidence de Monsieur le Curé de Quiberon. Dans ce conseil siègent des bénévoles forts dévoués au service de la communauté paroissiale. Les avis y seraient fort partagés, les uns -Quiberonnais- ne veulent pas vendre ce terrain parce qu’il n’est pas du tout nécessaire, financièrement parlant, de le faire, et les -autres- nouvellement installés sont partisans de l’aliéner, car des acheteurs extrêmement empressés poussent à la vente...

Dans une période de dépression immobilière, où certains programmes en cours sur la presqu’ile ont du mal à aguicher le chaland, on peut en effet convenir que le moment est des plus approprié !

Après les terrains de Conguel, après l’école Saint Clément devenue "Central Park", il s’agit maintenant des biens paroissiaux qui sont visés par les spéculateurs... Le presbytère constitue également une emprise foncière bien tentante ! En attendant la vente des jardins des "Bretinio" peut être ?

Et tout cela se passe dans la plus grande discrétion, comme d’habitude !
Même, s’il existe un vague projet de plan d’aménagement et de développement durable (PADD) à Quiberon, il ne pèse pas bien lourd vis à vis des convoitises immobilières et éventuellement des "pressions" politiques à caractère plus ou moins "amical" !

Malheureusement, à Quiberon nous avons un problème (parmi bien d’autres !) qui devient de plus en plus gênant : c’est l’immobilier ! Notre pays de Quiberon est de plus en plus bâti de résidences secondaires, d’immeubles, de constructions de tout genres qui ne sont occupés que quelques semaines pendant l’année (66% du parc !)... Tandis que les Quiberonnais "de souche" sont obligés de quitter "leur" pays pour des "habitations" bon marché à Auray ou Lanester.

C’est devenu un gros problème, et même si des gens comme moi ont la chance d’avoir pu rester, cela n’empêche guère de subir des tentatives répétées de restrictions de liberté d’aller et de venir comme celles que j’ai connues au port de plaisance de Port-Haliguen il y a quatre ans... Quiberon devient une jungle !

La substitution de population est devenue telle que nous voyons nos jeunes aller s’établir dans les banlieues voisines faute de pouvoir reprendre les biens de leurs parents... Certes, on nous fait des réunions de concertation pour nous faire passer des histoires de "densification de l’habitat" et autres lubies du moment. La confiance n’est plus au rendez-vous, car il y a trop d’arrières pensées spéculatives.

Alors si ce terrain est vendu ? Qu’y aura-t-il a la place ? un gigantesque lotissement pour cadres parisiens en retraite ? Un mini "sun-city" bien privé avec caméras vidéos, et gardes en armes à l’entrée ? Des immeubles d’appartements, tous aussi moches les uns que les autres ? Des appartements bien denses, bien serrés, très couteux donc inabordables pour l’indigène ? Un peu dans le genre de ce qui est projeté dans le terrain de Beg er Vil, à proximité du Menhir couché" ?

Ou encore, il pourrait être vendu à quelques "institutionnels" américains ou chinois pour établir en plein Quiberon un village fermé, protégé par des barrières, des barbelés et réservé à des privilégiés. Fermé donc aux Quiberonnais...
A la "Veuve de Dallas", ou au "raider" de Shanghai, il faut mieux privilégier l’enfant de Quiberon !... Cela va de soi.

Pour moi, le mieux est d’attendre et de bien méditer, la précipitation n’amènerait qu’à un gâchis, un gaspillage et un enlaidissement supplémentaire pour une ville qui n’en a pas besoin !

Alors ? Va-t-on laisser faire cela sans rien dire ? Je parie que le maire, comme à son habitude, n’est pas "au courant" !

J’espère que Monsieur le Curé saura agir avec cette nouvelle catégorie de marchands du Temple de la même manière que le Christ en son temps (je ne lui souhaite cependant pas de finir crucifié).

Monsieur le Curé, ne cédez rien, ne bradez pas un patrimoine que les Curés, Le Corre, le Lin, et leurs successeurs, vous ont confié !

Par exemple les anciens Quiberonnais dont je suis n’ont pas oublié la destruction à la pioche de l’autel sculpté en marbre de Carrare, ni les tables de communion, ni la vente de la chaire en bois sculpté et qui a servi par la suite de bistrot dans un établissement hôtelier...

N’oubliez pas que, tout comme le maire, tout comme nous, vous êtes de passage ici, et que nous ne devons laisser quelque chose de viable à nos successeurs ...


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