@Quiberon

Quiberon et intérêt stratégique…

mardi 12 mai 2009 par Patrick LUCO

Qui se souvient des deux exercices militaires de l’OTAN à Quiberon en 1956 et en 1958 ? Ils étaient baptisés « Earl Nash »…

A l’époque, c’était la « Guerre froide ». Un "rideau de fer" s’est abattu sur l’Europe ! S’était exclamé Sir W. Churchill quelques années auparavant devant le Parlement britannique.

Les troupes du Pacte de Varsovie pouvaient déferler à tout moment sur l’Europe occidentale et être à Brest en 8 jours… Les « évènements » de Budapest étaient récents, et donnaient à réfléchir.

Nous ?.. Nous étions empêtrés dans les "Évènements" d’Algérie. Nous sortions à peine de la guerre d’Indochine… Nous commencions tout juste à nous relever des ruines de la Seconde guerre mondiale, et c’était en plus le gigantesque foutoir de la IVème République avec son cortège d’impuissance… Impuissance politique que l’on a vue à l’œuvre lors de l’Affaire de Suez…

Quiberon, lors de ces exercices « Earl Nash », avait vu débarquer à chaque fois une brigade blindée américaine complète. Ces formations étaient dirigées après vers les bases OTAN en Allemagne .

Les chars et les blindés étaient débarqués par péniches « LCM » et autres « LST », « LCI », « LCVP » et autres moyens amphibies sur les plages de Conguel qui avaient été recouvertes pour l’occasion de plaques « PSP ».

Le maire de l’époque, M. Victor Golvan, s’était alors heureusement opposé au Génie militaire US qui, quant à lui, voulait tout simplement dynamiter, puis retirer au bulldozer tous les rochers des plages de Conguel…

Port Haliguen était encombré de LCM qui se mettaient là où ils pouvaient pour débarquer du matériel léger. Le passage des lourds blindés ont été une des causes de la fragilisation des vieux quais du fond de la ria qui se sont écroulés par la suite lors de travaux de dévasages mal menés… (Aujourd’hui, certains plaisantins diraient « rétablissement de profondeur », mais c’est une autre histoire !....)

Le « Signal corps » US avait pour chaque exercice, installé en une semaine autant de lignes téléphoniques filaires qu’il y en avait à l’époque en Bretagne : notre retard en la matière était alors effarant ! Il était plus facile de téléphoner de Quiberon au Pentagone que de téléphoner de Port Haliguen à Vannes ! Et que dire des hélicoptères en grand nombre ?

Les blindés et les chars lourds (plus de 600 « Sherman », « Patton », « Half-tracks », etc… !) avaient transité de Port Haliguen vers la gare SNCF de Quiberon. Les trains militaires partaient jour et nuit vers l’Allemagne. Ces trains étaient composés de wagons porte-char. Le but de l’exercice était de simuler et de calibrer en grandeur réelle un flux logistique dense pour alimenter un front quelque part en Allemagne. Ces exercices militaires duraient 15 jours, et plus en comprenant avec les temps de montage, de démontage et de remise en état des lieux.

A l’époque, nous avions vu, nous gamins de Quiberon, la puissante armée des USA encore auréolée du prestige du Débarquement de Normandie. Les troupes US avaient recouvert de tentes, de « shelters », de roulottes, de remorques et d’équipements divers toute la pointe de Conguel. Ils avaient aussi annexé Port Haliguen pour les vedettes d’autorité. A Conguel, dans l’actuel campement amodié, il y avait plein d’antennes radioélectriques. Sans doute y avait-il là un état major.

Quiberon était agité par les GI en action. Les camions GMC, les Dodge, les jeep étaient très nombreux : il y en avait partout ! Y compris dans les fossés ! Ces convois passaient par la route de Port Haliguen. Ce qui me fascinait personnellement, c’étaient les grues « Coles » sur camion. Il y en avait deux en dessous du café Servel , pour sortir de conserve un véhicule blindé d’un LCM. Lequel char partait alors en remorque derrière un camion. Drôle d’idée d’ailleurs pour sortir un blindé d’un LCM !

La Baie recevait navires de charge et des navires militaires de toutes sortes. C’était un va et vient continu vers les plages de péniches et des bateaux qui œuvraient en fonction des marées et des trains lourdement chargés en partance de la gare SNCF de Quiberon.

Les soldats américains étaient très gentils : ils distribuaient des boites de confitures de ration K et des paquets de chewing-gum aux gamins. Ils n’étaient pas avares d’aide… Un coup de bulldozer contre une bouteille de vin rouge par exemple….

Plus tard, dans les années 1960, le CIOA (*) français, rapatrié d’Arzew sur Lorient, se livrait régulièrement, à l’automne et au printemps mais à petite échelle, à des exercices d’emploi de ses moyens de débarquement dans les mêmes lieux. Ils embarquaient à Poul Bernig au Fort Neuf pour "beacher" ensuite à Suiscinio.

A partir de 1965, il y eu aussi des exercices conjoints Franco-Allemands (« Intermezzo » "Harmonie" ). Ces exercices avaient pour but de calibrer des plans de travail commun en faisant travailler ensemble des forces militaires qui d’habitude s’opposaient.. Ces exercices étaient une des conséquences des accords entre le Général et le Chancelier Adenauer qui avaient décidé de mettre un terme une fois pour toutes aux vieilles rivalités entre les deux Peuples.

Dans les années 1970, il y eu même un très gros « chalutier » soviétique qui vint se mettre officiellement à l’abri devant Port Haliguen… Il y avait –parait-il- du mauvais temps en mer ! Curieux chalutier d’ailleurs : bardé d’antennes et muni de portiques devant de grandes ouvertures latérales de la taille d’un camion. L’équipage était jeune avec des coupes de cheveux inhabituelles à bord des navires de ce genre !

Plus récemment, en 1992 et en 2000, des exercices franco-américains ont eu lieu à Conguel et à Port Haliguen. Si les moyens mis en œuvre localement étaient en apparence plus réduits, on a bien vu l’emploi de moyens très particuliers comme les « Nageurs », des vedettes hydrographiques venues par camions pour… Vérifier l’hydrographie de la Baie et de ses atterrages. Au cas où les cartes fournies par le SHOM auraient été erronées ! Ces petites vedettes kaki et très bien équipées étaient mises à l’eau à Port Haliguen sur la cale du port de plaisance actuel. Elles étaient arrivées par camion. C’était l’échelon précurseur de moyens plus importants tels que des hydroglisseurs qui avaient été le clou du spectacle un après midi de septembre.

J’avais eu alors l’occasion un soir en revenant de Lorient, de discuter avec un lieutenant US et deux sergents. Je leur avais décrit que c’était là que Paul Jones venait autrefois…. Je leur avais aussi montré et traduit la plaque commémorative par laquelle on apprend que Lamotte-Piquet avait salué devant le Fort Neuf et au canon, le pavillon des USA selon l’étiquette navale. Je leur avais aussi décrit Benjamin Franklin arrivant là pour attendre la marée, changeant de bateau pour débarquer à Saint Goustan avant de se rendre à Versailles chez le Roi…
Ils en avaient été enchanté. Et pour fêter cela je leur ai donné une caissette de Bordeaux dont nous avons goûté ensemble un échantillon. C’était ma manière à moi d’accueillir des collègues d’un pays ami.
L’officier US, m’avait dit d’ailleurs qu’ils étaient surpris de ne pas avoir été accueilli par des officiels politiques de Quiberon…J’avais été très gêné de ne pouvoir leur répondre !

C’est ainsi que j’avais appris que le « Signal corps » avait mis en œuvre des équipements de détection satellitaires et des radars millimétriques pour obtenir ou confirmer une signature électromagnétique de la région de Quiberon. Il y en avait un au Fort Neuf, et un autre à côté du Fort de Penthièvre au bord de la Baie.

En 1992, à l’entrée de la Baie, des gros transports étaient mouillés à cause de leur tirant d’eau. Leur taille leur interdisait curieusement l’accès en Baie. Les navettes se faisant alors vers les plages à l’aide d’aéroglisseurs.

MK 65 larguée par B52

Le « clou » du spectacle se passait en fait en mer derrière Belle Ile, où un bombardier stratégique B52 venu des USA, avait mouillé des mines d’exercice du type Mk 65 avant de repartir vers sa base outre-Atlantique.

Mine Mk 65 déclinée en différentes versions dont plusieurs "spéciales"

Le but de ces largages en série était de créer un barrage d’interdiction composé de mines à influence et activées par radio VLF. Ce barrage de mines allait de Nantes à Brest en eaux profondes. Ces mines étaient par la suite recherchées et « neutralisées » grâce à nos chasseurs de mines que nous n’avions pas vendus à l’époque. L’intervalle entre chaque mine larguée par le B52 était curieusement de 4 à 5 Km et cela en eaux profondes (40 à 80 m de fond). Espacement important et en apparence inhabituel pour un barrage de mines. Ce qui met la puce à l’oreille ! Ce qui laisse donc à croire que dans la « réalité », et il faut bien le dire : on aurait eu droit à des mines vraiment très « spéciales » !...

Cet intérêt stratégique des uns et des autres pour la Baie de Quiberon n’est pas très nouveau. Il y a que chez nous qu’on n’y prête pas attention ! Sans doute est-ce une manifestation de l’ataraxie habituelle ?

Pourquoi donc ce choix de la Baie de Quiberon ? D’abord, à cause de la géographie et de l’hydrographie des lieux. Ensuite à cause des facilités de transport de surface ; et enfin c’est un cadeau-souvenir de notre histoire : Les Anglo-Saxons ont toujours lorgné depuis le XVIéme siècle sur la Baie de Quiberon.

Je ne remonterai pas jusqu’à Pythéas, ni à Himilcon, ni à Brutus et ses birêmes, mais déjà, en 1572, une flotte protestante commandée par Lord Montgomery arrive de la Rochelle, puis fait route sur Belle-Ile où elle s’installe avant d’en être chassée par une flotte aux ordres de Gondi.

Sous Louis XIV, lors de la Guerre contre la Hollande, c’est la descente de Tromp, le célèbre amiral hollandais, qui commande alors pour l’occasion une flotte de 70 navires. A bord, il y a 5000 soldats commandés par de Horn. Ils pillent l’ile pendant une semaine. Horn tente une débarquement à Quiberon à « Baz en Treac’h. ». Il rembarque aussitôt sous le feu croisé des batteries de Kervinio, et ce celles de « Ker En Tréac’h » du Levant et du Couchant. Louis XIV vainqueur impose la paix par le traité de Nimègue en 1678.

La leçon des débarquements est alors retenue. Par conséquent, le Roi ordonne à Vauban d’étudier des fortifications côtières. Vauban visite la province plusieurs fois de 1683 à 1689. Il établit alors des plans pour protéger Quiberon , Belle Ile et Houat. Puis il réalise ces fortifications en 1695. Souvent sur des emplacements qui avaient déjà été choisis et utilisés par les Gallo-Romains et même par les Vénètes bien avant... C’est dire l’excellence de ce peuple.

Pour Quiberon, tablant sur la géographie des lieux, il choisit d’installer un fortin au Gover droc’h, à la Palue à l’entrée de l’Isle de Quiberon (qui deviendra bien plus tard le fort de Penthièvre) et un autre fortin à Beg Ruberen, car il considère que d’un point de vue tactique, la protection de la ria de pohr Hallegwuén est primordiale. La Grande côte est inutilisable pour aborder à cause de sa dangerosité naturelle. Seuls l’accès par terre est utilisable à marée basse : c’est la route classique à cheval ou à pieds. Par mer, c’est la ria de Port Haliguen et les plages du Conguel qui ne peuvent qu’être choisies par un corps de débarquement.

En 1703, c’est la guerre de Succession d’Espagne : les ennuis recommencent, la flotte Anglaise fait une croisière sous Quiberon et repart aussitôt sans rien faire de particulier à notre connaissance. C’est sans doute une reconnaissance et aussi pour montrer le pavillon ! Maintenant on appellerait cela "Agitation diplomatique"...

En 1719, Sous Louis XV, d’Artagnan, gouverneur de Bretagne vient tenir garnison à Quiberon avec des troupes car le duc d’Orléans a eu vent par ses espions d’un éventuel débarquement espagnol à Quiberon.

C’est en octobre 1740 que commence la guerre de Succession d’Autriche. La guerre reprend en Europe entre la France et l’Angleterre. Cet épisode est marqué par la prise de possession d’un bateau abandonné par un équipage de fortune réuni à Lorient ( recruté par la Presse du Roi ?). Ce bateau était un Anglais capturé et qui avait appareillé de Port Louis. L’équipage de fortune et peu guerrier avait pris peur sous Belle Ile en apercevant au loin une voilure qu’il supposait anglaise…. Ils ont alors fuit ! Les Quiberonnais de l’époque, toujours à l’affut d’une bonne fortune de mer, ont alors amené le bâtiment dans la ria de la Trinité…
En 1742, la guerre de Succession d’Autriche se termine par le traité de Berlin….

Et la guerre reprend deux ans plus tard…. En mars 1744. Les corsaires de jersey commencent leurs incursions en Baie. Ce qui inquiète les autorités de l’amirauté de Quiberon, et de celles de Belle Ile. Le ministre de la Marine de Louis XV , le comte de Maurepas fait dresser un « Estat des ouvrages et fortifications des environs de Port Louis ». A la suite de son rapport, le Roi fait remettre en état les batteries de Quiberon : à la Palue, au Rohu (actuelle Ecole Nationale de Voile) à Beg Rubéren, à Porh Halleguen (port Haliguen) , Au port d’Orange, à la Croix des Bretinio, à Ker En Treac’h du Levant et du Couchant.

Les Anglais gardent un œil sur la Baie de Quiberon !
Qui tient la Baie de Quiberon, tient le commerce et les accès de Nantes, de Lorient, et même de Brest… Le débarquement de 1792 a eu lieu à Port Haliguen : C’est très commode pour les vaisseaux, on peut approcher au largue sous les vents dominants. Il y a de belles plages faciles d’accès pour débarquer des troupes. Il y existe un axe de pénétration commode pour envahir la presqu’ile en passant par la ria et le vallon du Toul prieu (le « Val Fleuri ») à l’abri de la mitraille des canons en tir rasant. . Il y a de l’eau douce, du bétail et des cultures, des réserves et des magasins portuaires pour s’approvisionner à bon compte. De même que pour filer « à l’anglaise », il y a de l’eau devant pour mettre sous voiles vent arrière en cas de chasse…
En plus, on peut être facilement renseigné car les marins de cette côte commercent depuis la nuit des temps avec la Grande Bretagne. Il n’y a pas de barrière linguistique, puisque les Quiberonnais parlent tous le breton, leur langue natale, et cela permet de s’entendre très facilement avec les marins britanniques venus des Cornouailles, ou du Pays de Galles !... La notion d’interopérabilité de date pas des accords OTAN !....
Et plus tard, en 1792, comme on est Chouan et royaliste à Quiberon, on n’aime pas du tout la République qui a trahi sa parole au Fort Neuf … Il suffit de lire les mémoires de l’Abbé Marion recteur de Hoedic sous l’Empire.

La Baie de Quiberon , mouillage idéal, peut être efficacement défendue par des protections établies sur Belle ile, Houat, et Hoedic. Les Anglais, Lestock et Sainclair, ne se sont d’ailleurs pas privés de débarquer et de s’installer à Houat, Belle Ile, Hoedic puis de piller Quiberon en 1746. Cela lors du « sac de Quiberon », eux qui voulaient « ruiner le commerce lorientais » sur ordre de Pitt. Les Anglais ont d’ailleurs tenu Belle Ile deux années.

Puis, sous l’Empire, des corsaires de Jersey reviennent rançonner les bateaux et piller la côte vers ici. La plupart du temps, ces corsaires utilisaient des sloops, ou des cutters... Ces voiliers très fins et très manœuvrants étaient embusqués dans les criques et ilots des Béniguets où ils guettaient les lourds chasse-marées où les lougres qui faisaient le trafic côtier de Nantes à Lorient. Les équipages étaient rançonnés lourdement. S’il n’y avait pas d’argent à bord, le mousse, souvent fils du capitaine, était pris en otage et emmené. Plusieurs équipages d’ici ou du Morbihan (Ile aux Moines, ou Ile d’Arz) ont eu droit à des séjours à bord des pontons de Portsmouth… C’est ce qui est arrivé à un de mes aïeux, capturé devant la Teignouse. A chaque fois que je navigue là, j’y songe… Ce qui me confirme une fois encore, s’il en est besoin, la nécessité d’avoir une Marine nationale forte et présente…

Il ne faut par oublier non plus les débarquements réguliers de Royalistes qui font la liaison avec les chefs Chouans : c’est la Correspondance du Roi…. Qui se pratiquait aussi et surtout dans la presqu’ile du Cotentin… Seulement, par ici, il y avait aussi des correspondances avec l’Espagne où étaient réfugiés de nombreux ecclésiastiques et nobles… L’Espagne a d’ailleurs toujours été historiquement une route privilégiée pour les trafics quiberonnais. La destination privilégiée était Donostia. Au XVIII, les marins quiberonnais transportaient des produits venant de Lorient , des toiles de lin importés par la compagnie des Indes, et au retour, c’étaient vins, résines, et bois.

Les marins quiberonnais se servaient habilement de leur connaissance du pilotage côtier pour échapper aux corsaires en passant par les « Toul Braz » ou les « Toul Bihan » escomptant sur un échouage des poursuivants pour retourner la situation… Ce n’étaient pas de petits saints ! Loin de là ! Et toute occasion est bonne à prendre (surtout si c’est au détriment du roi d’Angleterre) !... Tout était question opportunité en fait.
Sous la Restauration, cela se calme, et les bonnes pratiques commerciales et maritimes reviennent. Le trafic commercial vers l’Espagne, l’Angleterre, la mer du Nord reprend de plus belle.

Dès le règne de Louis Philippe, la prise de conscience de l’aspect stratégique sous-jacent à une bonne connaissance de l’hydrographie pour le pilotage côtier amène les élites maritimes de l’époque à mettre en place des structures et des moyens adaptés. Sous le Second Empire, surtout à partir de 1850, cela devient plus formel : forts, fortins, balisages, cartes, école de pilotage, normalisation des formations maritimes. Plus tard sous la IIIéme République, c’est la mise en chantier de flottilles de petits navires avec la fameuse querelle de la « Jeune école ».
Port Haliguen voit alors comme partout ailleurs apparaître et naviguer des torpilleurs, contre torpilleurs destinés aux opérations côtières. En effet, même si c’est l’ "Entente cordiale », on se méfie toujours de la Perfide Albion !

L’été 1914 survient avec son cortège de malheurs. La guerre, dévoreuse de vies, absorbe tous les hommes et les moyens. La situation militaire est terrible. Les côtes sont sillonnées par les sous marins de l’Empereur Guillaume.

Ici, des sous-marins opèrent en plein jour entre Quiberon et Belle Ile. C’est la route préférentielle entre Brest et Saint Nazaire ou Bordeaux.
Belle ile sert d’atterrissage grâce à son grand phare pour les navires qui reviennent d’Amérique ou d’Australie. Les sous-marins allemands croisent dans les parages. Tout leur est bon : Ils torpillent les paquebots, les cargos et les charbonniers… Les bateaux de pêche et les caboteurs ont droit, eux, au canon… Les dégâts sont immenses. Il devient alors nécessaire de faire stationner à Quiberon une escadrille de repérage et d’attaque des sous marins. C’est la naissance du terrain d’aviation de Quiberon où est basée la V433 sur Voisin-Peugeot.

Les USA entrent en guerre après le torpillage du Lusitania. La riche Amérique envoie ses « boys » à partir de 1917 vers Brest et Saint Nazaire. Les flux d’approvisionnement sont alors tels que les ports sont saturés.
Devant l’urgence de la situation militaire, la Baie de Quiberon est aussi retenue en tant que point de débarquement des troupes et des matériels. Cela grâce à sa situation géographique, mais aussi grâce à la présence de la ligne de chemin de fer qu’il est même envisagé de doubler et de prolonger vers Port Haliguen. Un wharf d’accostage est aussi étudié pour permettre un accostage direct des cargos. La Paix survenant met fin à ces projets très avancés de création d’un port en eaux profondes.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, en vue d’un débarquement en France, divers lieux sont étudiés. La Baie de Quiberon est à nouveau éligible à de telles installations. Cependant, la présence à proximité de la « Forteresse de Lorient » et son éloignement des ports du Sud de l’Angleterre sursoient à ce genre d’aménagement… On imagine sans peine l’orientation prise par la Presqu’ile si de tels projets avaient abouti !

L’état-major allemand avait lui aussi fait ce genre d’analyse. Le résultat en a été une fortification de l’environnement de la Baie, tout en tenant compte des installations nécessaires à la protection du port de Lorient. Les restes de ces dispositifs sont très nombreux et parfaitement lisibles sur la côte et plus particulièrement au Bego. Cette forteresse de Lorient , devenue « poche » était tellement dangereuse, que les alliés ont préféré la contourner et l’assiéger plutôt que de l’attaquer frontalement. C’est une des raisons pour lesquelles Quiberon n’a été libéré que le 8 mai 1945.


* PSP : "Pierced steel plank"


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